25.09.2008

Le destin d'une reine

Toujours la meme note, avec plus de tableaux cette fois ci! 

 

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Je viens de terminer deux livres aujourd’hui. 

 

Le premier, Journal d’une reine d’Evelyne Lever. Excellent pour rester dans l’ambiance de Jeanne, rester dans l’histoire, avec le point de vue de la reine cette fois ci. Je ne suis pas specialement attachee a cette reine. Depuis toute petite, je lui prefere son mari, beaucoup plus enigmatique et erudis que cette petite ecervelee (qui reste tres attachante quand meme). 

 

 

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Le livre est bien fait, rien a dire la dessus. Et il est difficile de douter de la realite historique, etant donne l’auteure. Quand on arrive a la periode revolutionnaire, la tension monte, la lecture se fait plus rapide, jusqu’a la fin. Cette fin tragique que rien ne changera jamais. Le recit s’arrete la veille de l’arrestation du couple royal a la prison du Temple. 

 

 

 

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Par contre, quelle image de Louis XVI! Marie Antoinette ne l’aimait pas et n’avait que tres peu d’estime pour lui. C’est chagrinant quand meme. Il est decrit comme un debile notoire, gros, aimant uniquement la chasse et ne sachant prendre aucune decision. 

 

 

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D'apres les descriptions physiques de la reine, ce portrait semble etre le plus proche de la realite. 

 

 

Elle oublie un peu vite que c’etait un tres grand roi, bien plus grand que la taille moyenne, tres imposant. Il parlait pas moins de sept langues, dont l’anglais qu’il etait un des rares de son epoque a maitriser parfaitement. Il etait passionne de marine, de science, de geographie (comme son grand pere). Il est a l’origine de la culture de la patate, et du developpement de la marine. 

 

 

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Ce tableau est tellement tragique... Il manque Sophie. Et le dauphin semble si fragile et tellement gracieux - il tient beaucoup de sa mere. 

 

 

Il n’aimait pas l’etiquette trop serree et totalement hors contexte imposee par Louis XIV en son temps. Il n’aimait pas avoir autant de pouvoir et a entrepris de reformer l’economie depuis le debut. Sauf que le parlement s’y opposait a chaques fois... C’etait un roi simple, revant d’une vie simple, et on l’a decrit comme debile. 

 

L’image qui lui colle a la peau est un residu des pamphlets de l’epoque, de cette noblesse trop attachee a ses acquis et ses privileges pour apprecier ce roi a sa juste valeur.  Les livres d’histoire se sont charges du reste. 

 

 

 

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J’adore cette scultpure, j’avais la photo au dessus de mon lit. Quand j’etais toute petite, mes parents m’ont emmenee a Saint Denis, parce que je voulais absolument me recueillir sur la tombe de mon roi adore. Quelle ne fut pas ma deception en apprenant que ce ne sont pas les restes de Louis XVI, mais ceux de je-ne-sais-plus-qui qu’on a pris pour le roi (le symbole comptait plus que l'homme lui meme). Il est donc toujours dans cette fosse. J’en ai pleure des jours entiers... 

 

 

 

 

 

 

J’ai aime ce livre, bien que cette image du roi ne soit pas rehabilitee par l’historienne. Evidement, c’est le point de vue de la reine, il ne peut pas etre positif sur son mari. Ils etaient trop differents. Il voulait le calme, une vie simple, proche de ses enfants et de ses passions. Il aimait la reine d’une certaine facon, a sa maniere. Elle voulait autre chose, des jolis mots, des sentiments passionnels qu’il n’a pas pu / su lui apporter. 

 

 

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"Journal d'une reine" n'en reste pas moins une excellente lecon d'histoire, tres detaillee, qui explique parfaitement cette periode sombre. J'y ai appris beaucoup de choses, notamment sur le rapport qu'entretenait la reine avec ses enfants, avec ses "amis", avec Fersen, sur son rapport au jeu, a ses dettes.

 

 

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L'auteure donne le sentiment de la reine sur tous ces details, on a l'impression de la connaitre, comme une amie qui nous fait ses confidences. Evelyne Lever offre un lien privilegie avec cette femme ordinaire au destin extraordinaire. On suit son evolution de tres pret, ses reactions face aux epreuves, sa maturite nouvelle. Ce livre raconte la naissance d'une reine. 

 

 

 

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J'avais aussi ce tableau au dessus de mon lit, que j'adore. La robe me fait rever, et cette rose! Digne de la roseraie de Jeanne! 

 

 

 

Ce soir j’ai commence un troisieme livre, encore sur Marie Antoinette (ca va devenir une manie!!?), ecrit par Stefan Zweig. L’introduction situe tres bien le personnage, et la replace dans son contexte. J’ai adore ce debut. 

 

 

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Sur ce, je vous laisse avec ces quelques mots, provenant de l’introduction citee au dessus, illustrant parfaitement la transformation de la reine, au fil des epreuves.  

 

Cette femme eprouvee qui n'a jamais eu la curiosite d'elle meme, s'apercoit enfin avec effroi, au milieu de ses tourments, de la transformation qui s'opere juste au moment ou son pouvoir royal prend fin : elle sent naitre en elle quelque chose de grand et de nouveau, qui n'eut pas ete concevable sans cette epreuve. "C'est dans le malheur qu'on sent davantage ce qu'on est", ces mots fiers et emus jaillissent soudain de sa bouche et etonnent [...] a la toute derniere heure, Marie-Antoinette, nature moyenne, atteint au tragique et devient egale a son destin. 

Stefan Zweig

 

 

 

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Et pour le deuxieme livre, on en parle demain! 

 

 

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