01.10.2008
Rien de grave, non, rien de grave
“Je ne savais pas encore que c’etait la meilleure chose qui puisse m’arriver, qu’il me quitte. Comment j’aurais pu le savoir? Il etait toute ma vie, sans lui, je n’existais pas.”
Lundi, entre deux paragraphes de Stefan Zweig (ses approximations historiques me hérissent le poils de plus en plus - je ne sais pas si je vais reussir a terminer son ecrit), j’ai lu Rien de grave, de Justine Levy.
D’une traite, comme ca.
J’avais rien a faire, j’ai pris le livre, et je l’ai pas lache.
J’aime son ecriture, j’aime sa facon de disséquer le probleme qui n’en est plus un au fond, puisqu’il est parti. Son boulet de mec est parti, pour bouletiser avec une autre. Et elle est seule. Enfin, pas vraiment seule. Avec ses amants Kleenex, et son mec qui la ramene peu a peu a la vie.
Et puis, elle montre bien qu’on peut aimer a la folie, et que cet amour peut passer. Et que c’est pas grave. C’est la vie, c’est devenir adulte, c’est avancer.
En fait, j’ai aime ce livre, parce qu’il m’a fait penser a ma premiere histoire d’amour.
On avait 15 ans, on etait fou amoureux, juste l’autre comptait. On ne faisait rien separement. Ca a dure quatre ans! Je ne m’imaginais pas vivre sans lui. Ma vie, sans lui, elle n’etait meme pas concevable. Quand je le voyais pas une journee, c’etait comme mourir. Et je suis partie a Singapour. Les premiers jours etaient difficiles, mais cette sensation passe vite. Quand on sait que la relation va se vivre en longue distance pendant plus de six mois, ca change la donne, on fait avec.
Deux mois apres mon depart, je me suis fait jeter! Comme une chaussette trouee. De la facon la plus respectueuse qu’il soit pour un bucheron digne de ce nom. Pendant quelques temps, je me suis sentie vide, morte de l’interieur, inutile. Je ne savais plus quoi faire. Parce que je ne savais pas vraiment vivre sans lui. Et c’est passe. Bien plus rapidement que pour Justine.
L'auteure decrit bien les phases par lesquelles la douleur evolue. Les unes apres les autres. Ce livre devrait etre lu avant de commencer sa premiere histoire. Pour savoir comment ca va se terminer. Evidement, par premiere histoire, je parle du vrai amour qui te prend tout ton coeur, a bras le corps, qui te renverse, te change, te transforme pour la premiere fois. Cet amour jumeaux, ou l’un n’a pas de vie sans l’autre. Au moins, on serait prevenu. Comme connaitre la fin d’un livre avant de commencer, pour ne pas etre decue.
Ca ferait pas moins mal. Ca eviterait juste la surprise.
Remarque, je ne sais meme pas. Ses mots parlent quand on l’a vecu en fait. Quand on le lit alors qu’on a encore la poudre aux yeux, on ne fait pas les liens, on ne comprends pas.
Apres tout, la magie du premier amour, c’est d’ignorer qu’il puisse se terminer un jour (merci B. Disraeli)...
A la fin de cet amour, quand on a definitivement compris que se faire larguer etait la meilleur chose que ce mec pouvait nous apporter, on est different. Tout est different. L’amour est different.
En fait, il nous a quitte, alors on se sent mieux, liberee.
La poudre a disparue, on voit son vrai visage, on se rend compte qu’en fait il etait pas si bien que ca, que c’etait pas un mec pour nous. On analyse tous les signes qui font que ca ne pouvait pas marcher.
Et finalement, on est differente. Parce qu’au fond, on y croit plus trop. Une nouvelle personne dit vous aimer? Non, c’est faux, c’est pas possible. Il disait ca aussi l’autre. Et c’etait faux au fond. Puisqu’il nous a quitte.
Il faut du temps pour que ca revienne. Ca finit toujours par revenir.
Apres le premier amour, on aime differement, pas moins, pas plus, juste d’une autre facon. C’est plus pareil. C’est plus adulte. Peut-etre moins ideal. En tout cas, cet amour reste plus franc. Avec moins de poudre aux yeux. Moins de convictions, moins d’hypocrisie, moins de prejuges, on aime l’autre pour lui, pas pour soi, avec ses qualites et ses defauts.
Un autre truc “bien” dans la rupture, c’est qu’on apprend a se connaitre. Enfin, surtout quand on se fait jeter en fait. Et ca n‘a pas de prix. Une lecon de connaissance de soi en profondeur.
Et puis, La Rupture, c’est la vie, c’est grandir, c’est apprendre, c’est pas la fin du monde, c’est pas grave...
Il y a une chanson d’ ABBA qui m’a fait me poser des questions. On l’ecoutait dimanche soir.
C’est celle la :
Abba - The Winner Takes It All
Video sent by ABBA
The winner takes it all
Du coup, je me demandais s’il y avait vraiment un gagnant et un perdant dans une rupture. J’en suis arrivee a cette conclusion : le gagnant, c’est celui qui en ressort grandi, qui en tire quelque chose. Un peu comme dans la vie en generale. On a toujours deux solutions : soit on fait du sur place, du sniffsniff-ouinouin-lapersonneesttropnulle-ouinouin-jesuistrahie-ouinouin, rien de tres productif. Soit on apprend, et on en sort different, plus sage, plus serein. C’est un peu caricatural, mais en gros, ca doit etre quelque chose comme ca.
On peut se faire larguer et etre le grand gagnant quand meme (rester positif!!).
Reflexion un peu decousue sur la rupture.
Je vous laisse avec ces quelques phrases tirees du livre de Justine, et demain, c’est promis, j’essaie d’etre un peu plus legere!
“Les invites, apres le dejeuner, sont venus a l’arriere ou ils ont chacun repris leur place. Ca m’a toujours sideree, cette facon qu’ont les gens de trouver partout, tout de suite, leur place, comme si elle n’atendait qu’eux et que c’etait la chose la plus evidente du monde. Moi, je ne sais jamais ou est ma place.”
“Je me suis sentie tout a coup, comme une chenille recalee a l’examen papillon”
“Oui, peut etre que c’est mieux comme ca, dans le fond. Peut-etre qu’il fallait qu’on se quitte pour devenir adultes. Peut etre que c’etait le sul moyen de grandir avant de vieillir, de ne pas devenir, un jour, des vieux bebes gates. Peut-etre qu’il le fallait pour savoir un jour ce qu’aimer veut vraiment dire. Aimer ca ne veut pas dire se ressembler. Aimer ca ne veut pas dire etre pareils, se conduire comme deux jumeaux, croire qu’on est inseparables. Aimer c’est ne pas avoir peur de se quitter ou de cesser de s’aimer. Aimer, c’est accepter de tomber, tout seul, et de se relever, tout seul, je ne savais pas ce que c’est qu’aimer, j’ai l’impression de le savoir aujourd’hui un peu plus.”
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29.09.2008
La fabrication d'un mensonge
Le deuxieme livre...
La fabrication d’un mensonge, Audrey Diwan.
L’histoire : Raphaelle, 25 ans, qui cumule les diplomes et les etudes qui ne menent a rien trouve un job d’ete dans une boutique de robe de marie a Barbes.
Et je ne peux pas en dire plus, le reste est inracontable.
Je connaissais Audrey Diwan pour ses articles dans Glamour (on ne se refait pas hein!) donc quand je suis rentree en France, j’ai tout de suite achete son livre (qui est reste 2 mois dans un placard avant d’etre ouvert).
Ce livre est une pseudo critique du mariage, de la vie de couple et des hommes. Le tout accompagne de la plume acide et de l’humour noir de son auteure. On peut facilement faire un lien avec Lolita Pille au debut (c’est une de ses meilleures amies), a cause de l’ecrit cynique et desabuse (la palme revient quand meme a Lolita), bien qu’au final, leurs heroines ne se ressemblent pas vraiment.
Il est base sur deux theories.
La premiere, les femmes epousent les hommes pour leur cote pratique, pour remplacer leur pere et tous les avantages qu’il apportait (bricolage, feuille d’impots...). Puis elles se retrouvent prisonnieres et frustrees au fils des annees, par ces hommes qui laissent les cheveux sur l’oreiller et les traitent en bobonnes pour finir par partir avec une plus jeune et mieux roulee. Ce qui au depart etait une alliance pratique, un complement a ses propres capacites devient un piege qui se referme sur elles.
L’amour ne doit pas avoir besoin de contrat, il doit se vivre hors du temps, hors des limites imposees. Il doit etre libre pour exister, et le reduire a un contrat, c’est le detruire a plus ou moins court terme.
La deuxieme parle du mensonge. Celle la, je vous laisse la decouvrir tout seul!
Et il y a le personnage de Lola, que l’heroine rencontre dans la boutique le premier jour. Elle possede une capacite pour manier sa memoire comme elle le veut, pour pouvoir partir en moins de 15 minutes. Elle est dans une fuite en avant constante. Completement immature et tres forte a la fois.
En conclusion, un bon livre, bien sympa pour passer une heure, une heure trente maxi sous une pluie acide. On en ressort un peu chahute et de bonne humeur. Oui, byzarement, ce livre, aussi cynique et desabuse soit-il, m’a mis de bonne humeur. Parce qu’au fond, meme si ses theories ne sont pas assez fouillees et travaillees, meme si elles semblent venir d’une femme qui soit n’a jamais ete amoureuse, soit a beaucoup souffert a cause des hommes, elles soulevent quelques questions (meme si - encore un - on sait toute que le jour ou il est a genoux avec un gros caillou dans une jolie boite, on fond, on dit oui et puis c’est tout).
Perso, Lola m’a fait me poser des questions sur ma constante fuite en avant. Mais bon, ma psycho de comptoir, je la garde pour un prochain post!
Sur ce, je vous laisse avec ces quelques extraits :
"A l’Eglise, la seule personne qui pleure sincerement le jour ou tu te maries, c’est ta mere, parce qu’elle sait dans quelle galere tu es en train de te fourrer. Mais pour le bien et la survie de l’espece, elle a pas le droit de te le dire."
"Dans la vie, j’ai un principe. Il faut toujours savoir preparer ses valises en moins de 15 minutes. Tu ne sais jamais quand l’heure du depart va sonner. Moi, quand la situation vire a la galere, j’entends toujours une petite musique dans ma tete qui dit qu’il faut mettre les voiles tout de suite. Comme un signal, et je ne rate jamais mon train."
"J’avais des larmes sans eau, d’autant plus dangereuse qu’elles ne sortaient pas, qu’aucun jaillissement ne mettait fin a l’envie de pleurer. Le pire au final, c’etait ces larmes interieures, qui n’abiment pas le visage mais devastent tout au dedans. Une innondation secrete qui pourrissait lentement les fondations, faisait moisir les espoirs. L’edifice de mes croyances tout entier menacait de s’effondrer bientot."
08:07 Publié dans Des mots qui roulent | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, blog, livre, audrey diwan, la fabrication d'un mensonge
25.09.2008
Le destin d'une reine
Toujours la meme note, avec plus de tableaux cette fois ci!
Je viens de terminer deux livres aujourd’hui.
Le premier, Journal d’une reine d’Evelyne Lever. Excellent pour rester dans l’ambiance de Jeanne, rester dans l’histoire, avec le point de vue de la reine cette fois ci. Je ne suis pas specialement attachee a cette reine. Depuis toute petite, je lui prefere son mari, beaucoup plus enigmatique et erudis que cette petite ecervelee (qui reste tres attachante quand meme).
Le livre est bien fait, rien a dire la dessus. Et il est difficile de douter de la realite historique, etant donne l’auteure. Quand on arrive a la periode revolutionnaire, la tension monte, la lecture se fait plus rapide, jusqu’a la fin. Cette fin tragique que rien ne changera jamais. Le recit s’arrete la veille de l’arrestation du couple royal a la prison du Temple.
Par contre, quelle image de Louis XVI! Marie Antoinette ne l’aimait pas et n’avait que tres peu d’estime pour lui. C’est chagrinant quand meme. Il est decrit comme un debile notoire, gros, aimant uniquement la chasse et ne sachant prendre aucune decision.
D'apres les descriptions physiques de la reine, ce portrait semble etre le plus proche de la realite.
Elle oublie un peu vite que c’etait un tres grand roi, bien plus grand que la taille moyenne, tres imposant. Il parlait pas moins de sept langues, dont l’anglais qu’il etait un des rares de son epoque a maitriser parfaitement. Il etait passionne de marine, de science, de geographie (comme son grand pere). Il est a l’origine de la culture de la patate, et du developpement de la marine.
Ce tableau est tellement tragique... Il manque Sophie. Et le dauphin semble si fragile et tellement gracieux - il tient beaucoup de sa mere.
Il n’aimait pas l’etiquette trop serree et totalement hors contexte imposee par Louis XIV en son temps. Il n’aimait pas avoir autant de pouvoir et a entrepris de reformer l’economie depuis le debut. Sauf que le parlement s’y opposait a chaques fois... C’etait un roi simple, revant d’une vie simple, et on l’a decrit comme debile.
L’image qui lui colle a la peau est un residu des pamphlets de l’epoque, de cette noblesse trop attachee a ses acquis et ses privileges pour apprecier ce roi a sa juste valeur. Les livres d’histoire se sont charges du reste.
J’adore cette scultpure, j’avais la photo au dessus de mon lit. Quand j’etais toute petite, mes parents m’ont emmenee a Saint Denis, parce que je voulais absolument me recueillir sur la tombe de mon roi adore. Quelle ne fut pas ma deception en apprenant que ce ne sont pas les restes de Louis XVI, mais ceux de je-ne-sais-plus-qui qu’on a pris pour le roi (le symbole comptait plus que l'homme lui meme). Il est donc toujours dans cette fosse. J’en ai pleure des jours entiers...
J’ai aime ce livre, bien que cette image du roi ne soit pas rehabilitee par l’historienne. Evidement, c’est le point de vue de la reine, il ne peut pas etre positif sur son mari. Ils etaient trop differents. Il voulait le calme, une vie simple, proche de ses enfants et de ses passions. Il aimait la reine d’une certaine facon, a sa maniere. Elle voulait autre chose, des jolis mots, des sentiments passionnels qu’il n’a pas pu / su lui apporter.
"Journal d'une reine" n'en reste pas moins une excellente lecon d'histoire, tres detaillee, qui explique parfaitement cette periode sombre. J'y ai appris beaucoup de choses, notamment sur le rapport qu'entretenait la reine avec ses enfants, avec ses "amis", avec Fersen, sur son rapport au jeu, a ses dettes.
L'auteure donne le sentiment de la reine sur tous ces details, on a l'impression de la connaitre, comme une amie qui nous fait ses confidences. Evelyne Lever offre un lien privilegie avec cette femme ordinaire au destin extraordinaire. On suit son evolution de tres pret, ses reactions face aux epreuves, sa maturite nouvelle. Ce livre raconte la naissance d'une reine.
J'avais aussi ce tableau au dessus de mon lit, que j'adore. La robe me fait rever, et cette rose! Digne de la roseraie de Jeanne!
Ce soir j’ai commence un troisieme livre, encore sur Marie Antoinette (ca va devenir une manie!!?), ecrit par Stefan Zweig. L’introduction situe tres bien le personnage, et la replace dans son contexte. J’ai adore ce debut.
Sur ce, je vous laisse avec ces quelques mots, provenant de l’introduction citee au dessus, illustrant parfaitement la transformation de la reine, au fil des epreuves.
Cette femme eprouvee qui n'a jamais eu la curiosite d'elle meme, s'apercoit enfin avec effroi, au milieu de ses tourments, de la transformation qui s'opere juste au moment ou son pouvoir royal prend fin : elle sent naitre en elle quelque chose de grand et de nouveau, qui n'eut pas ete concevable sans cette epreuve. "C'est dans le malheur qu'on sent davantage ce qu'on est", ces mots fiers et emus jaillissent soudain de sa bouche et etonnent [...] a la toute derniere heure, Marie-Antoinette, nature moyenne, atteint au tragique et devient egale a son destin.
Stefan Zweig
Et pour le deuxieme livre, on en parle demain!
04:27 Publié dans Heroine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal d'une reine, livre, marie-antoinette, evelyne lever
23.05.2008
Et quand viendra la fin du voyage ...
Et quand viendra la fin du voyage...
Nan, c'est pas pour moi, juste...
C’est toute petite que j’ai decouvert Regine Desforge et sa saga, “la bicyclette bleue”. Je devais avoir 9-10 ans quand j’ai devore les quatre tomes que ma mere possedait.
Puis les autres sont sortis, j’ai toujours adore.
Lea a ete mon modele, je voulais etre comme elle, petite, elle m’a fait rever, donne de l’espoir. Elle etait toujours la. Je lisais et relisais les livres avec toujours autant de passion. Cette sensation d’etre dedans, avec elle, toujours.
Puis j’ai grandi, les derniers tomes ne refletaient plus cette passion entre les deux personnages principaux, mon couple mythique (bien plus glamour et reel que Romeo et Juliette, qu’Heloise et Abelard, Marius et Pandora...). Ce couple, qui m’a toujours fait rever, j’avais le sentiment qu’il n’existait plus. Comme ca me desolait, j’ai laisse tomber.
Sauf que today, j’ai decouvert ca :

Les critiques sont excellentes, la fin promet d’etre tragique, et le couple mythique renait! En un mot (plutot trois d’ailleurs), je le veux!
Retour en France prevu le 11, je cours a la librairie le chercher des que je pose un pied chez mon pere... Viiiiiiiiite! (ou alors je le commande, et le fais livrer avant mon arrivee, pour l’avoir sur mon lit des le posage de pied) (a voir)
07:04 Publié dans Reves de Princesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, regine desforge, livre, lea et francois, couples mythiques, je le veux!


















